La greffe de moelle osseuse peut entraîner des effets secondaires liés aux traitements de préparation, un risque d’infection, des atteintes d’organes et, lors d’une greffe allogénique, une maladie du greffon contre l’hôte. L’équipe de greffe surveille étroitement ces risques avant, pendant et après la procédure.
La greffe de moelle osseuse, aussi appelée greffe de cellules souches hématopoïétiques, remplace ou reconstruit la production des cellules du sang. Elle peut être proposée pour certaines leucémies, lymphomes, myélomes, aplasies médullaires, maladies génétiques ou déficits immunitaires. Comme il s’agit d’un traitement intensif, elle comporte des effets secondaires et des complications potentielles. Leur nature et leur gravité dépendent notamment de la maladie traitée, de l’âge, de l’état de santé général, du type de greffe et des traitements reçus auparavant.
Une greffe autologue utilise les propres cellules souches de la personne, recueillies avant le traitement. Une greffe allogénique utilise les cellules d’un donneur compatible. La greffe allogénique peut apporter un effet immunitaire utile contre la maladie, mais elle expose aussi à des risques spécifiques, notamment la maladie du greffon contre l’hôte.

Avant l’infusion des cellules souches, un conditionnement est habituellement administré. Il associe, selon la situation, une chimiothérapie à forte dose, parfois une radiothérapie, ou des traitements d’intensité réduite. Son objectif est de traiter la maladie, de libérer de la place dans la moelle et, en cas de greffe allogénique, de diminuer la réaction du système immunitaire contre le greffon.
La fatigue peut être importante et durable. Les nausées, vomissements, perte d’appétit, modification du goût et diarrhées sont fréquents pendant le conditionnement. Les médicaments antiémétiques, les conseils nutritionnels et l’hydratation aident à les contrôler. Une mucite, c’est-à-dire une inflammation douloureuse de la bouche et de la gorge, peut rendre l’alimentation difficile et augmenter le risque d’infection. Des soins de bouche réguliers et une prise en charge de la douleur sont alors essentiels.
Dans les jours qui suivent le conditionnement, la moelle ne produit temporairement plus assez de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes. Cette phase, appelée aplasie, expose à la fatigue liée à l’anémie, aux infections et aux saignements. Des transfusions de globules rouges ou de plaquettes peuvent être nécessaires. Des bleus inhabituels, des saignements de nez persistants, du sang dans les urines ou les selles doivent être signalés sans attendre.
L’immunité est fortement diminuée avant la prise de greffe, puis peut rester fragilisée pendant plusieurs mois, parfois davantage. Des bactéries, virus, champignons ou parasites habituellement contrôlés par l’organisme peuvent provoquer une infection. Certaines infections peuvent aussi être liées au cathéter veineux central utilisé pour administrer les traitements et les transfusions.
L’équipe médicale peut prescrire des médicaments préventifs contre certaines infections et réaliser des analyses sanguines régulières. Il est important de respecter les consignes d’hygiène, de prendre les traitements exactement comme prescrits et d’éviter les expositions à risque définies par l’équipe. La vaccination est habituellement réévaluée après la greffe, selon un calendrier individualisé.
La maladie du greffon contre l’hôte, souvent abrégée en GVH, survient lorsque certaines cellules immunitaires du donneur reconnaissent les tissus du receveur comme étrangers. Elle peut être aiguë ou chronique. La forme aiguë touche souvent la peau, le tube digestif et le foie. Elle peut se manifester par une éruption cutanée, des diarrhées abondantes, des douleurs abdominales, des nausées ou une jaunisse.
La GVH chronique peut apparaître plus tard et atteindre plusieurs organes. Elle peut provoquer une sécheresse des yeux ou de la bouche, une peau tendue ou irritée, des douleurs articulaires, un essoufflement, des troubles digestifs ou génitaux. Des médicaments immunosuppresseurs diminuent ce risque, mais ils augmentent aussi la vulnérabilité aux infections. Tout symptôme nouveau doit donc être discuté avec l’équipe, sans modifier soi-même les doses.
Les cellules du donneur ou les cellules autologues doivent migrer vers la moelle et recommencer à produire des cellules sanguines : c’est la prise de greffe. Elle peut être retardée ou, plus rarement, insuffisante. Les médecins suivent régulièrement les numérations sanguines et, après une greffe allogénique, peuvent analyser la proportion de cellules provenant du donneur. La prise en charge dépend de la cause identifiée et de la situation clinique.
Les traitements intensifs, les infections, les médicaments immunosuppresseurs et la maladie elle-même peuvent affecter certains organes. Les complications possibles comprennent des troubles du foie, des reins, des poumons ou du cœur. Une atteinte du foie appelée maladie veino-occlusive ou syndrome d’obstruction sinusoïdale peut notamment entraîner une prise de poids rapide, un gonflement abdominal, une douleur sous les côtes à droite ou une jaunisse. Ces signes exigent une évaluation urgente.
Une atteinte pulmonaire peut se traduire par une toux persistante, une respiration sifflante ou un essoufflement. Les effets neurologiques, tels que confusion, maux de tête inhabituels, convulsions ou troubles de la vision, sont plus rares mais nécessitent une prise en charge immédiate. Des caillots sanguins, des troubles de la glycémie, de la pression artérielle ou de la fonction thyroïdienne peuvent aussi survenir selon les traitements.

Après le retour à domicile, la récupération se poursuit progressivement. La fatigue, une faiblesse musculaire, des difficultés de concentration, l’anxiété ou des changements d’humeur peuvent affecter la qualité de vie. Un soutien psychologique, social, nutritionnel et de réadaptation peut être utile pour le patient comme pour ses proches.
Certains traitements peuvent avoir un impact sur la fertilité, la fonction sexuelle, les hormones, les os, les yeux ou la santé cardiovasculaire. Une insuffisance ovarienne ou testiculaire peut survenir ; une discussion sur la préservation de la fertilité devrait avoir lieu avant le conditionnement lorsque cela est possible. Il existe également un risque de cancers secondaires à long terme, raison pour laquelle le suivi médical régulier reste indispensable même après une rémission prolongée.
Les coordonnées du service de greffe doivent rester facilement accessibles. Contactez immédiatement l’équipe ou les urgences selon les consignes reçues en cas de fièvre, frissons, difficulté à respirer, douleur thoracique, saignement important, confusion, éruption rapidement étendue, diarrhée sévère, vomissements empêchant de boire, jaunisse ou diminution marquée des urines. N’attendez pas le prochain rendez-vous et ne prenez pas de médicament en vente libre, de complément ou de plante médicinale sans l’accord de l’équipe.
Chaque parcours est individuel. Avant la greffe, demandez à votre hématologue quels risques sont les plus pertinents dans votre situation, quels signes surveiller et comment joindre l’équipe en dehors des horaires habituels.
C’est un traitement complexe comportant des risques parfois graves, notamment infectieux et liés aux traitements intensifs. Son indication repose sur une évaluation individualisée du bénéfice attendu, des alternatives et de l’état de santé de la personne.
Une éruption cutanée, des diarrhées, des douleurs abdominales, des nausées, une jaunisse ou une sécheresse inhabituelle des yeux et de la bouche doivent être signalées. Ces signes peuvent avoir d’autres causes, mais nécessitent une évaluation rapide après une greffe allogénique.
Le risque est particulièrement élevé pendant l’aplasie et reste présent tant que l’immunité se reconstruit, surtout si des immunosuppresseurs sont nécessaires. L’équipe adapte les mesures de prévention et le suivi à votre type de greffe et à votre évolution.
Toutes les complications ne peuvent pas être évitées. En revanche, les médicaments préventifs, les contrôles réguliers, les règles d’hygiène et le signalement précoce des symptômes permettent souvent de réduire certains risques ou de les traiter plus rapidement.
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