La préparation à une transplantation rénale comprend un bilan médical complet, la mise à jour des vaccins et des démarches administratives et psychosociales. Ces étapes permettent à l’équipe de greffe d’évaluer votre sécurité, d’anticiper les risques et de vous inscrire ou maintenir sur la liste d’attente selon votre situation.
Une transplantation rénale est envisagée lorsque l’insuffisance rénale chronique est avancée ou lorsque la dialyse ne constitue plus la meilleure option à long terme. La préparation peut commencer avant le début de la dialyse : on parle alors de transplantation préemptive. Elle nécessite du temps, car plusieurs spécialistes doivent vérifier que l’intervention, l’anesthésie et les traitements immunosuppresseurs seront adaptés à votre état de santé.
Le bilan pré-greffe ne sert pas seulement à décider si une transplantation est possible. Il aide aussi à corriger les problèmes de santé modifiables, à prévenir certaines infections et à préparer votre suivi après l’opération. Les examens demandés varient selon votre âge, vos antécédents, votre pays de résidence et les protocoles du centre de transplantation.

Votre néphrologue vous adresse généralement à un centre de transplantation. Vous y rencontrez une équipe multidisciplinaire pouvant réunir néphrologue, chirurgien transplantateur, coordinateur de greffe, anesthésiste, cardiologue, infectiologue, dentiste, psychologue, diététicien et assistant social.
Lors des premières consultations, apportez une liste actualisée de vos médicaments, vos comptes rendus médicaux, vos allergies, vos résultats de vaccination et les coordonnées de vos médecins. Signalez toute hospitalisation récente, infection, intervention dentaire, maladie cancéreuse ancienne ou actuelle, ainsi que tout changement de situation familiale ou professionnelle.
La greffe peut provenir d’un donneur décédé ou d’un donneur vivant. L’évaluation du receveur est nécessaire dans les deux situations. En cas de donneur vivant potentiel, celui-ci bénéficie d’un parcours d’évaluation indépendant et approfondi afin de protéger sa santé, de confirmer un consentement libre et éclairé et de vérifier la compatibilité. Le donneur ne doit jamais se sentir obligé de poursuivre la démarche.
Le bilan vise à rechercher des situations qui pourraient augmenter le risque opératoire, compromettre le fonctionnement du greffon ou se réactiver sous traitement immunosuppresseur. Certains examens devront être renouvelés régulièrement tant que vous êtes en attente de greffe.
Des prises de sang évaluent notamment votre groupe sanguin, votre numération sanguine, votre fonction hépatique, votre coagulation et certains paramètres nutritionnels. Des analyses immunologiques recherchent les anticorps dirigés contre des tissus étrangers et précisent votre profil HLA. Ces informations sont importantes pour l’attribution d’un rein et pour évaluer le risque de rejet.
Le centre peut demander des prélèvements à intervalles réguliers, en particulier après une transfusion, une grossesse ou une transplantation antérieure, car ces événements peuvent modifier votre profil immunologique. Informez rapidement l’équipe si l’un de ces événements survient.
Les maladies cardiovasculaires sont fréquentes en cas d’insuffisance rénale. Selon votre profil, le bilan peut inclure un électrocardiogramme, une échocardiographie, une épreuve d’effort ou d’autres examens cardiaques. Une évaluation des artères peut également être nécessaire, notamment en présence de diabète, d’artériopathie, de tabagisme ou d’antécédents cardiovasculaires.
Ces examens ne signifient pas qu’une greffe est exclue. Ils permettent d’identifier une prise en charge à réaliser avant la transplantation et d’adapter l’anesthésie ainsi que le suivi.
Le traitement antirejet diminue les défenses immunitaires. L’équipe recherche donc des infections pouvant se réactiver ou nécessiter un traitement : hépatites virales, VIH, tuberculose selon le contexte, infections urinaires récidivantes, infections parasitaires selon les voyages ou le pays d’origine, et certains virus fréquents en transplantation. Une radiographie thoracique ou d’autres examens peuvent être proposés selon les résultats.
Un contrôle dentaire est généralement recommandé afin de traiter les foyers infectieux, comme une carie profonde, un abcès ou une maladie parodontale. N’attendez pas l’appel pour une greffe pour signaler une douleur dentaire, de la fièvre, une plaie infectée ou des brûlures urinaires.
Le centre vérifie que les dépistages recommandés sont à jour, par exemple pour certains cancers. Des examens complémentaires peuvent être indiqués si vous avez eu un cancer, une maladie pulmonaire, une maladie du foie, une pathologie urologique ou une autre affection chronique. En cas d’antécédent de cancer, le délai avant inscription dépend du type de cancer, de son stade, des traitements reçus et du risque de récidive : une décision individualisée est prise avec les spécialistes concernés.
La vaccination est un élément majeur de la préparation à la transplantation rénale. Après la greffe, les médicaments immunosuppresseurs peuvent réduire la réponse aux vaccins et certains vaccins vivants ne sont habituellement plus administrés. Il est donc préférable de vérifier et, si besoin, de compléter le calendrier vaccinal avant la transplantation, idéalement dès l’évaluation pré-greffe.
Votre équipe examinera vos preuves de vaccination et pourra vérifier votre immunité par prise de sang dans certaines situations. Les vaccins souvent discutés comprennent ceux contre la grippe saisonnière, la COVID-19 selon les recommandations locales, le pneumocoque, l’hépatite B, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite et, selon votre situation, le papillomavirus, l’hépatite A, le zona ou les infections liées aux voyages.
Les vaccins vivants atténués exigent une attention particulière. Ils peuvent parfois être envisagés avant la greffe chez certaines personnes non immunisées, mais doivent être administrés suffisamment tôt avant le début d’une immunosuppression. Ne recevez jamais un vaccin vivant de votre propre initiative : demandez l’avis du centre de transplantation ou de votre néphrologue. Informez aussi l’équipe si un proche vivant au domicile reçoit un vaccin vivant.

L’inscription sur une liste d’attente, lorsqu’elle est indiquée, requiert une évaluation médicale favorable et des formalités propres au système de santé local. Le coordinateur de greffe vous explique les documents à fournir, les modalités de consentement, les examens à renouveler et la manière dont vous serez contacté si un rein devient disponible.
La transplantation transforme le quotidien : prise rigoureuse des médicaments, contrôles fréquents, vigilance face aux infections et organisation des transports ou du travail. L’entretien psychologique et social ne constitue pas un examen à réussir. Il permet d’identifier vos besoins, vos ressources, vos inquiétudes et les aides possibles pour favoriser une préparation réaliste.
Il peut être utile d’impliquer un proche de confiance, avec votre accord. Cette personne peut vous aider à retenir les informations, organiser les premières semaines après l’opération et repérer les signes qui doivent conduire à contacter l’équipe.
Prévenez sans attendre votre équipe en cas de fièvre, infection en cours, traitement antibiotique, plaie, symptômes respiratoires importants, hospitalisation ou chirurgie prévue. Signalez également une modification de votre traitement, une vaccination reçue ou programmée, une transfusion, une grossesse, un voyage prolongé ou une difficulté à joindre le centre. Ces éléments peuvent nécessiter une adaptation temporaire de votre statut sur la liste d’attente, afin de protéger votre sécurité.
La préparation à une transplantation rénale est un parcours progressif et personnalisé. Posez toutes vos questions à l’équipe : comprendre les étapes, les bénéfices attendus, les risques et les contraintes du suivi vous aide à prendre part aux décisions qui concernent votre santé.
Le bilan inclut habituellement des analyses sanguines et immunologiques, une évaluation cardiaque, un dépistage infectieux, un contrôle dentaire et des dépistages adaptés à l’âge et aux antécédents. Le centre peut ajouter des examens selon votre état de santé.
Oui, certains vaccins peuvent être recommandés pendant l’attente, mais le choix et le calendrier doivent être validés par l’équipe de transplantation. Les vaccins vivants nécessitent une prudence particulière et sont généralement évités après la greffe.
Signalez rapidement toute infection, fièvre, hospitalisation, transfusion, grossesse, changement de traitement, vaccination, intervention dentaire ou chirurgie prévue. Ces informations peuvent modifier temporairement votre préparation ou votre disponibilité pour une greffe.
Dans certaines situations, une greffe peut être réalisée avant le début de la dialyse. Cette possibilité dépend notamment de l’évolution de votre maladie rénale, de votre bilan médical, de l’organisation du parcours et de la disponibilité d’un donneur compatible.
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