La préparation à une transplantation hépatique comprend une évaluation médicale complète, l’optimisation de l’alimentation et des traitements, ainsi que des démarches administratives et logistiques. Votre équipe de transplantation coordonne ce parcours, évalue les contre-indications éventuelles et vous explique comment rester joignable et prêt(e) à l’appel.
La transplantation hépatique, aussi appelée greffe du foie, peut être proposée lorsqu’une maladie du foie est avancée ou lorsque les autres traitements ne permettent plus de contrôler suffisamment la situation. La préparation ne consiste pas uniquement à attendre un organe : elle vise à vérifier que la greffe est adaptée, à réduire les risques modifiables et à vous aider à aborder l’intervention puis la récupération dans les meilleures conditions possibles.
Le parcours est individualisé. Il dépend notamment de la maladie hépatique, de votre état général, d’éventuelles complications, de vos antécédents et des règles d’attribution des greffons applicables dans votre pays. L’équipe de transplantation réunit habituellement des hépatologues, chirurgiens, anesthésistes, infirmiers coordonnateurs, diététiciens, psychologues, assistants sociaux et autres spécialistes si nécessaire.

Avant une inscription sur liste d’attente, le centre réalise un bilan prétransplantation approfondi. Son objectif est de confirmer l’indication de la transplantation hépatique, d’estimer le niveau d’urgence et de détecter des problèmes qui devraient être traités ou stabilisés avant l’opération. Les examens exacts varient selon chaque personne.
Vous aurez généralement des prises de sang régulières pour évaluer la fonction du foie, les reins, la coagulation, la numération sanguine et l’état nutritionnel. Des examens d’imagerie, tels qu’une échographie, un scanner ou une IRM, peuvent préciser l’état du foie, des vaisseaux sanguins et des voies biliaires. Ils servent aussi à rechercher ou surveiller un cancer du foie lorsque cela est indiqué.
L’équipe peut également évaluer des complications de la cirrhose, comme l’ascite, les varices œsophagiennes, les infections, l’encéphalopathie hépatique ou l’hypertension portale. Une endoscopie digestive peut être demandée dans certaines situations. Signalez rapidement toute confusion inhabituelle, vomissement de sang, selles noires, fièvre, douleur abdominale importante, essoufflement ou aggravation soudaine de la jaunisse.
La chirurgie et l’anesthésie sollicitent l’ensemble de l’organisme. Le bilan peut donc inclure un électrocardiogramme, une échocardiographie, un test d’effort ou un examen des artères coronaires selon votre âge et vos facteurs de risque. Une radiographie ou un scanner thoracique, des épreuves respiratoires et une évaluation rénale sont parfois nécessaires. Des consultations dentaires, gynécologiques, urologiques ou dermatologiques peuvent aussi être recommandées afin d’identifier un foyer infectieux ou un problème à prendre en charge.
Des analyses recherchent certaines infections pouvant avoir une incidence sur la transplantation ou les médicaments immunosuppresseurs utilisés après la greffe. Votre équipe vérifiera vos vaccinations et pourra proposer des vaccins adaptés avant la greffe. Certains vaccins ne peuvent pas être administrés après transplantation ou nécessitent des précautions particulières ; ne faites pas de vaccination sans en parler à votre centre.
La maladie du foie peut entraîner une perte de poids, une diminution de la masse musculaire, des carences, une fatigue marquée ou, au contraire, une rétention d’eau qui masque l’amaigrissement. Une bonne préparation nutritionnelle aide à préserver la force et la capacité de récupération. Le diététicien adapte les recommandations à vos analyses, à votre poids, à votre appétit, à l’ascite, au diabète ou à une insuffisance rénale éventuelle.
Ne réduisez pas fortement vos apports alimentaires pour perdre du poids sans accompagnement. À l’inverse, si une perte de poids est souhaitable avant l’opération, elle doit être progressive et supervisée pour ne pas aggraver la fonte musculaire.
Apportez à chaque rendez-vous la liste complète de vos médicaments, y compris ceux achetés sans ordonnance, les vitamines, infusions et compléments. Ne modifiez jamais seul(e) un diurétique, un anticoagulant, un traitement du diabète ou tout autre médicament. L’équipe vous indiquera quoi faire si un appel pour une greffe survient, notamment concernant les repas et les médicaments du jour.
Une activité physique douce et régulière, adaptée à vos capacités, peut contribuer à maintenir la force musculaire, l’équilibre et l’autonomie. Marche, exercices encadrés ou réadaptation peuvent être proposés. Arrêtez l’effort et contactez un professionnel en cas de douleur thoracique, malaise, essoufflement inhabituel ou symptômes nouveaux. Le sevrage tabagique est fortement recommandé ; un accompagnement médical et psychologique peut améliorer vos chances de l’obtenir durablement.
Lorsqu’une transplantation est envisagée, le centre explique les critères médicaux et administratifs d’inscription sur la liste d’attente selon la réglementation en vigueur. L’inscription n’assure pas qu’un greffon sera disponible dans un délai donné. La priorité dépend de paramètres médicaux, de la compatibilité avec le donneur et des règles nationales ou régionales.

Lorsqu’un greffon potentiel est proposé, le centre vous contacte et vous donne des consignes précises. Il peut vous demander de ne plus manger ni boire, de vous présenter rapidement à l’hôpital et d’apporter vos documents. Même après votre arrivée, des contrôles médicaux sont nécessaires : le greffon doit être compatible et votre état doit permettre l’intervention. Une greffe peut donc être reportée ou annulée, parfois au dernier moment, pour des raisons de sécurité. Cette situation peut être émotionnellement difficile ; parlez-en à l’équipe.
L’attente, l’incertitude et les changements liés à la maladie peuvent générer anxiété, tristesse, irritabilité ou fatigue. Un soutien psychologique peut vous aider, tout comme l’implication de vos proches et les échanges avec des associations reconnues de patients. Posez vos questions : durée d’hospitalisation estimée, suivi après greffe, traitements immunosuppresseurs, prévention des infections et reprise progressive des activités. Comprendre les étapes vous permet de participer activement aux décisions et de mieux vous préparer à la période post-transplantation.
Contactez sans délai votre équipe de transplantation si votre état change, si vous êtes hospitalisé(e), si vous développez une infection, si vous commencez un nouveau traitement ou si vous avez des difficultés à suivre le programme. Une communication précoce aide l’équipe à adapter votre prise en charge en toute sécurité.
La durée varie selon votre état de santé, les examens nécessaires et la disponibilité des rendez-vous spécialisés. Le centre de transplantation vous indique les étapes à réaliser et peut accélérer certains examens si votre situation médicale le nécessite.
Non. L’arrêt complet de l’alcool est essentiel lorsqu’une transplantation hépatique est envisagée. Si cela vous semble difficile, informez rapidement votre équipe afin de bénéficier d’un accompagnement adapté.
Contactez sans délai votre centre de transplantation en cas de fièvre, infection, hospitalisation, nouveau symptôme important ou changement de traitement. Ces informations peuvent influencer temporairement votre aptitude à recevoir une greffe.
Ne prenez aucun complément, plante médicinale ou produit dit naturel sans l’accord de votre équipe. Certains produits peuvent être toxiques pour le foie, modifier la coagulation ou interagir avec vos médicaments.
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