La FIV peut être une option pertinente en cas d’endométriose, notamment si les trompes sont atteintes, si la réserve ovarienne est diminuée ou après des essais infructueux. Les chances dépendent surtout de l’âge, de la réserve ovarienne, de la qualité embryonnaire, de l’atteinte de la maladie et du traitement choisi avec l’équipe de fertilité.
L’endométriose est une maladie dans laquelle un tissu semblable à l’endomètre se développe hors de l’utérus. Elle peut toucher les ovaires, les trompes, le péritoine, la cloison entre le vagin et le rectum, la vessie ou l’intestin. Toutes les personnes atteintes d’endométriose ne rencontrent pas de difficulté à concevoir, mais la maladie peut réduire la fertilité par plusieurs mécanismes.
L’inflammation pelvienne peut perturber la rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes. Des adhérences peuvent modifier l’anatomie du bassin ou limiter la mobilité des trompes. Les endométriomes ovariens peuvent également être associés à une diminution de la réserve ovarienne chez certaines patientes. Enfin, l’endométriose peut influencer la qualité ovocytaire, le développement embryonnaire ou la réceptivité de l’endomètre, sans que ces effets soient identiques d’une personne à l’autre.
La fécondation in vitro, ou FIV, contourne une partie de ces obstacles : les ovocytes sont prélevés, fécondés au laboratoire, puis un embryon est transféré dans l’utérus. Elle ne traite pas l’endométriose elle-même, mais peut aider à obtenir une grossesse lorsque la conception spontanée est difficile.

La décision repose sur une évaluation individualisée et ne dépend pas uniquement du stade de l’endométriose. Une FIV peut être discutée en présence de trompes obstruées ou abîmées, d’une infertilité inexpliquée malgré des essais réguliers, d’une altération du sperme chez le partenaire, d’une réserve ovarienne basse, d’un âge reproductif plus avancé ou après l’échec d’autres traitements de fertilité.
Le délai avant de consulter dépend de l’âge, de la durée des essais et des symptômes. En règle générale, un bilan peut être utile plus tôt en cas de douleurs importantes, de chirurgie ovarienne antérieure, de cycles irréguliers ou de diagnostic connu d’endométriose. Une consultation en médecine de la reproduction permet d’éviter de perdre un temps précieux tout en évitant des traitements non nécessaires.
Avant de définir un protocole, l’équipe médicale évalue l’ensemble du couple ou du projet parental. Le bilan comprend habituellement les antécédents médicaux et chirurgicaux, l’âge, la durée d’infertilité, les symptômes, les traitements déjà reçus et les résultats d’imagerie.
L’IRM pelvienne peut être proposée lorsque l’on suspecte une atteinte profonde ou avant une discussion chirurgicale. Elle n’est pas systématique pour chaque parcours de FIV.
La stimulation ovarienne vise à obtenir plusieurs ovocytes au cours d’un même cycle. Le choix des médicaments, des doses et du type de protocole dépend notamment de la réserve ovarienne, de l’âge, des antécédents de réponse à la stimulation et de la présence d’endométriomes. Il n’existe pas un protocole unique supérieur pour toutes les patientes ayant une endométriose.
Une surveillance par échographies et prises de sang permet d’ajuster le traitement. Si la réserve ovarienne est faible, l’objectif peut être d’optimiser le recueil d’ovocytes sans promettre un nombre précis. Si un endométriome est présent, l’équipe évalue son aspect, sa taille, son évolution, l’accessibilité des ovaires lors de la ponction et le risque infectieux. La ponction reste souvent possible, avec des précautions adaptées.
La FIV conventionnelle consiste à mettre les ovocytes en contact avec des spermatozoïdes au laboratoire. L’ICSI consiste à injecter un spermatozoïde dans chaque ovocyte mature. L’ICSI est surtout indiquée lorsqu’il existe un facteur masculin, un faible nombre d’ovocytes, un antécédent d’échec de fécondation ou une indication spécifique du laboratoire. L’endométriose seule ne justifie pas automatiquement l’ICSI.
Une chirurgie de l’endométriose avant FIV peut soulager des douleurs importantes, permettre de traiter certaines lésions ou améliorer l’accès aux ovaires. Cependant, l’ablation d’un endométriome peut aussi affecter le tissu ovarien sain et diminuer la réserve ovarienne. Pour cette raison, une intervention n’est généralement pas décidée uniquement dans le but d’augmenter les chances de FIV.
La discussion doit idéalement réunir un spécialiste de l’endométriose, un gynécologue de la fertilité et la patiente. Elle tient compte de la douleur, de la taille et de l’évolution du kyste, d’une suspicion de complication, du risque d’accès difficile aux ovocytes et du projet de grossesse. En cas de chirurgie envisagée, parler de préservation de la fertilité peut être pertinent selon l’âge et la réserve ovarienne.
Après la fécondation, les embryons peuvent être transférés au cours du même cycle ou congelés pour un transfert ultérieur. Le choix dépend de la réponse à la stimulation, de l’état de santé, de l’endomètre et de l’organisation du laboratoire. Dans certains cas, notamment en cas d’adénomyose ou d’endométriose sévère, l’équipe peut discuter d’une préparation hormonale avant le transfert. Les bénéfices et les limites doivent être expliqués au cas par cas.
Le transfert d’un seul embryon est souvent privilégié lorsque cela est approprié afin de limiter les risques liés aux grossesses multiples. Les embryons restants de bonne qualité peuvent être vitrifiés pour de futurs transferts, selon les règles et pratiques locales.
Les patientes entendent parfois parler de tests d’implantation, d’analyses immunologiques, de traitements anti-inflammatoires, d’anticoagulants, de compléments alimentaires ou de techniques de laboratoire dites « add-ons ». Certaines approches peuvent être indiquées dans des contextes précis, mais beaucoup ne disposent pas de preuves solides d’efficacité pour toutes les personnes ayant une endométriose.
Avant d’accepter un traitement complémentaire, demandez quel problème précis il vise, quelles données soutiennent son utilisation, quels sont ses risques, ses contraintes et ses alternatives. Une prise de décision partagée protège contre les examens ou traitements inutiles.

Une bonne hygiène de vie ne remplace pas un traitement de fertilité, mais elle participe à la santé générale et à la préparation d’une grossesse. Il est recommandé d’éviter le tabac et les drogues, de limiter l’alcool, de viser une alimentation variée, de pratiquer une activité physique adaptée et de suivre les conseils concernant l’acide folique. Un médecin peut également vérifier les vaccinations, les traitements habituels et les maladies chroniques.
L’endométriose et la FIV peuvent être éprouvantes sur les plans physique, émotionnel, relationnel et financier. Un soutien psychologique, une consultation spécialisée dans la douleur, un accompagnement sexologique ou des associations de patientes peuvent compléter utilement le suivi médical.
Le parcours de FIV avec endométriose demande souvent une stratégie sur mesure. Une communication claire avec une équipe expérimentée aide à choisir des soins proportionnés, à préserver autant que possible la fertilité et à avancer étape par étape.
Oui, une FIV peut être proposée en cas d’endométriose sévère, notamment lorsque les trompes sont atteintes ou après des difficultés de conception. Les résultats varient selon l’âge, la réserve ovarienne, les antécédents chirurgicaux, le sperme et les caractéristiques de la maladie.
Pas systématiquement. Une chirurgie peut être discutée si le kyste provoque des symptômes importants, semble préoccupant, gêne l’accès aux ovaires ou soulève un risque particulier. Elle doit être mise en balance avec le risque d’altération de la réserve ovarienne.
La stimulation ovarienne entraîne une hausse hormonale temporaire. Les symptômes et les lésions sont surveillés, mais la décision dépend de votre situation clinique. Votre équipe peut adapter le protocole si vous avez des douleurs, des endométriomes ou des antécédents particuliers.
Dans certaines situations, l’équipe peut proposer une préparation hormonale avant le transfert, notamment si une adénomyose ou une endométriose importante est suspectée. Cette stratégie n’est pas universelle et doit être discutée selon les données disponibles et votre dossier.
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