Don vivant ou donneur décédé : greffe du foie

Don vivant ou donneur décédé : choisir pour une greffe du foie

Don vivant ou donneur décédé : choisir pour une greffe du foie
Réponse rapide

Une greffe du foie peut être réalisée avec une partie du foie d’un donneur vivant compatible ou avec un foie provenant d’un donneur décédé. Le choix dépend de votre état de santé, de l’urgence, de la disponibilité des organes, de l’anatomie et de l’évaluation médicale et éthique.

Les deux sources possibles pour une greffe du foie

La transplantation hépatique, aussi appelée greffe du foie, consiste à remplacer un foie gravement malade par un foie sain ou par une partie de foie saine. Elle peut être proposée en cas de maladie hépatique terminale, de cirrhose compliquée, d’insuffisance hépatique aiguë ou, dans certaines situations précises, de cancer du foie. La décision est prise par une équipe spécialisée après une évaluation complète du patient.

Deux options principales existent : le greffon issu d’un donneur décédé et le don vivant. Dans les deux cas, l’objectif est d’offrir un foie fonctionnel au receveur tout en assurant la sécurité, le respect et l’accompagnement du donneur lorsque celui-ci est vivant. Il n’existe pas de solution universellement « meilleure » : la stratégie dépend de la situation de chaque personne.

La greffe à partir d’un donneur décédé

Médecin expliquant les options de transplantation hépatique à un patient et un proche

Un donneur décédé est une personne dont le décès a été constaté selon des critères médicaux et légaux stricts et chez qui le prélèvement d’organes est autorisé conformément à la législation locale. Le foie peut être transplanté entier chez un receveur adulte ou, dans certains cas, être partagé entre deux receveurs selon une technique appelée greffe hépatique partagée.

Les patients inscrits sur liste d’attente sont priorisés selon des règles nationales ou régionales. Ces règles prennent généralement en compte la gravité de la maladie, le risque de décès sans greffe, l’urgence clinique, la compatibilité avec le greffon et des critères logistiques tels que la taille du foie et le délai de transport.

Avantages possibles

  • Le receveur n’expose pas un proche aux risques d’une opération de don.
  • Un foie entier est fréquemment disponible pour un receveur adulte.
  • Cette option est adaptée lorsque aucun donneur vivant approprié n’est identifié.

Limites à connaître

  • Le délai d’attente est imprévisible et varie selon la disponibilité des organes et le niveau de priorité.
  • L’état de santé du patient peut se dégrader pendant l’attente.
  • L’intervention doit souvent être organisée rapidement lorsqu’un organe compatible devient disponible.

Être inscrit sur liste ne garantit pas qu’un greffon sera proposé dans un délai donné. L’équipe de transplantation assure un suivi régulier pour adapter les soins, actualiser le dossier et vérifier que la greffe reste réalisable au moment d’une proposition.

La greffe avec donneur vivant

Le foie possède une capacité remarquable de régénération. Chez un donneur vivant, les chirurgiens prélèvent une partie du foie, généralement le lobe droit ou gauche selon la morphologie et les besoins du receveur. La partie restante chez le donneur et le segment transplanté chez le receveur augmentent progressivement de volume et de fonction au cours des semaines suivant l’intervention.

Le donneur vivant est le plus souvent un membre de la famille ou une personne proche, mais les règles relatives au lien entre donneur et receveur diffèrent selon les pays. Dans tous les cas, le don doit être volontaire, gratuit, informé et libre de toute pression. Le donneur peut retirer son consentement à tout moment avant l’opération, sans avoir à se justifier auprès du receveur.

Évaluation rigoureuse du donneur

La sécurité du donneur est prioritaire. L’évaluation comprend habituellement des analyses sanguines, des examens d’imagerie du foie et des vaisseaux, un bilan cardiaque et respiratoire si nécessaire, ainsi que des entretiens médicaux, psychologiques et sociaux. L’équipe vérifie notamment la compatibilité sanguine, le volume hépatique, l’absence de maladie transmissible ou de pathologie susceptible d’augmenter le risque opératoire.

Un comité indépendant ou un dispositif d’évaluation éthique peut intervenir selon la réglementation applicable. Son rôle est de s’assurer que le donneur comprend les conséquences du don, qu’il n’est pas contraint et que sa décision est éclairée.

Avantages possibles du don vivant

  • La transplantation peut être planifiée, ce qui facilite la préparation du receveur et du donneur.
  • Elle peut réduire l’incertitude liée à l’attente d’un organe provenant d’un donneur décédé.
  • Le délai entre le prélèvement et la transplantation est souvent plus court, ce qui peut favoriser la qualité du greffon.
  • Elle peut être particulièrement envisagée pour certains enfants ou adultes dont l’état nécessite une prise en charge rapide.

Risques et contraintes pour le donneur

Le don vivant est une chirurgie majeure. Même si les donneurs sont sélectionnés avec une grande prudence, des complications peuvent survenir : douleur, saignement, infection, fuite biliaire, thrombose, complications anesthésiques ou besoin de soins supplémentaires. Des complications graves, bien que rares, restent possibles. Le donneur nécessite une hospitalisation, un arrêt temporaire de ses activités et un suivi médical après son retour à domicile.

Les aspects émotionnels et familiaux comptent également. Le donneur peut ressentir de l’inquiétude, de la pression ou de la déception si la greffe ne se déroule pas comme espéré. Un soutien psychologique doit être accessible avant et après le don.

Comment l’équipe choisit-elle l’option la plus adaptée ?

La décision repose sur une concertation multidisciplinaire réunissant notamment hépatologues, chirurgiens transplantateurs, anesthésistes, coordinateurs de greffe, infirmiers, psychologues et travailleurs sociaux. L’équipe évalue la sévérité de la maladie du receveur, la présence de complications, la fonction des autres organes, les antécédents médicaux, les traitements en cours et les résultats des examens de compatibilité.

Pour un don vivant, elle analyse en parallèle la santé du donneur potentiel et la faisabilité technique. Un donneur compatible n’est pas automatiquement retenu : l’équipe peut déconseiller le don si le risque pour cette personne est jugé trop important. Cette décision vise à protéger le donneur et ne constitue pas un jugement sur sa motivation.

Après la transplantation : un suivi indispensable

Équipe de transplantation évaluant un dossier de greffe du foie

Quelle que soit l’origine du greffon, le receveur doit prendre des médicaments immunosuppresseurs afin de réduire le risque de rejet. Ces traitements exigent une prise régulière et une surveillance à long terme, car ils peuvent entraîner des effets indésirables et augmenter le risque de certaines infections. Des consultations, analyses sanguines et examens d’imagerie permettent de surveiller la fonction du greffon.

Après un don vivant, le donneur bénéficie lui aussi d’un suivi programmé. Il doit signaler rapidement toute douleur inhabituelle, fièvre, jaunisse, essoufflement ou autre symptôme préoccupant. Les recommandations concernant la reprise du travail, du sport, de la conduite et des activités quotidiennes sont individualisées.

Questions à poser lors de votre consultation

  • Suis-je éligible à une greffe du foie et selon quels critères ?
  • Ma situation justifie-t-elle d’envisager un donneur vivant ?
  • Quels sont les risques spécifiques dans mon cas et les alternatives possibles ?
  • Comment fonctionne la liste d’attente dans mon pays ou ma région ?
  • Quel accompagnement psychologique, social et financier est disponible ?

Parler ouvertement avec l’équipe de transplantation aide à comprendre les bénéfices et les limites de chaque option. Une décision bien informée tient compte de la santé du receveur, de la sécurité du donneur éventuel et des valeurs de toutes les personnes concernées.

FAQ

Un donneur vivant peut-il donner tout son foie ?

Non. Lors d’un don vivant, seule une partie du foie est prélevée. Le volume prélevé est déterminé avec précision afin de préserver la sécurité du donneur et de répondre aux besoins du receveur.

Le donneur vivant doit-il être de la même famille ?

Pas toujours. Les conditions varient selon la législation et les protocoles du centre de transplantation. Une compatibilité médicale, une motivation libre et une évaluation éthique restent nécessaires.

Peut-on choisir entre un donneur vivant et un donneur décédé ?

Le patient peut discuter de ses préférences et de la possibilité d’un don vivant avec l’équipe médicale. Toutefois, la décision dépend de l’éligibilité du receveur, de la sécurité du donneur potentiel et des règles d’attribution des organes.

Quels sont les principaux risques après une greffe du foie ?

Les risques comprennent notamment le rejet, les infections, les complications vasculaires ou biliaires et les effets indésirables des immunosuppresseurs. Un suivi spécialisé régulier permet de les dépister et de les prendre en charge.

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