Une greffe de cellules souches comprend un bilan préalable, un traitement de conditionnement, la perfusion des cellules et une surveillance rapprochée pendant la récupération immunitaire. L’hospitalisation se termine lorsque les cellules sanguines remontent, que l’état clinique est stable et qu’un suivi sécurisé à domicile est organisé.
La greffe de cellules souches hématopoïétiques, parfois appelée greffe de moelle osseuse, permet de restaurer la fabrication des cellules du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes. Elle peut être proposée dans certaines maladies du sang, cancers hématologiques, déficits immunitaires ou maladies de la moelle. Le parcours varie selon le diagnostic, l’âge, l’état général et les traitements déjà reçus.
Il existe principalement deux types de greffe. Dans une autogreffe, les cellules souches du patient sont prélevées avant les traitements intensifs, puis réinjectées. Dans une allogreffe, les cellules proviennent d’un donneur compatible, apparenté ou non. En allogreffe, les cellules du donneur peuvent contribuer à combattre la maladie, mais elles nécessitent aussi une prévention spécifique contre la réaction du greffon contre l’hôte.

Avant l’admission, l’équipe de greffe réalise un bilan complet. Il vérifie notamment le fonctionnement du cœur, des poumons, des reins et du foie, recherche d’éventuelles infections et évalue l’état nutritionnel. Des analyses sanguines, une évaluation dentaire et d’autres examens peuvent être demandés selon la situation. Ces résultats aident à adapter le traitement et à anticiper les risques.
Le patient rencontre habituellement plusieurs professionnels : hématologue, infirmier ou infirmière de coordination, pharmacien, diététicien, psychologue et parfois assistant social. Ces échanges permettent de comprendre le calendrier, les mesures de prévention des infections, les médicaments prévus et les besoins pratiques après la sortie.
En autogreffe, les cellules souches sont souvent recueillies dans le sang après une mobilisation médicamenteuse. Elles sont collectées par aphérèse, une technique proche d’un don de sang : le sang circule dans une machine qui sépare les cellules nécessaires puis restitue les autres composants. Les cellules sont ensuite congelées jusqu’au jour de la greffe.
En allogreffe, le donneur est sélectionné selon des critères de compatibilité tissulaire. Les cellules peuvent provenir du sang, de la moelle osseuse ou, dans certains cas, d’une unité de sang de cordon. Le choix de la source dépend de la maladie et des caractéristiques du patient et du donneur.
Le conditionnement est la phase de préparation réalisée avant la perfusion des cellules souches. Il associe le plus souvent une chimiothérapie à forte dose ; une radiothérapie corporelle peut parfois être ajoutée. Son objectif est de réduire ou éliminer les cellules malades, de libérer de la place dans la moelle osseuse et, lors d’une allogreffe, de diminuer l’activité du système immunitaire afin de favoriser la prise du greffon.
La durée et l’intensité du conditionnement diffèrent d’une personne à l’autre. Certains protocoles sont dits myéloablatifs, tandis que d’autres sont moins intensifs et tiennent compte de la fragilité ou des antécédents médicaux. L’équipe explique les médicaments utilisés, leurs effets indésirables possibles et les moyens de prévention ou de soulagement.
Un cathéter veineux central est fréquemment posé ou utilisé pour administrer les traitements, les perfusions, les transfusions et les prélèvements sanguins. Signalez sans attendre douleur, rougeur, écoulement ou fièvre.
Le jour de la greffe est parfois appelé « jour 0 ». Malgré le mot greffe, il ne s’agit généralement pas d’une opération. Les cellules souches sont administrées par perfusion dans le cathéter, comme une transfusion. Elles circulent ensuite dans le sang et migrent vers la moelle osseuse, où elles commenceront progressivement à produire de nouvelles cellules sanguines.
La perfusion est surveillée par l’équipe soignante. Des médicaments peuvent être administrés avant pour limiter certaines réactions. Une sensation de froid, des nausées, une variation de la tension artérielle, de la fièvre ou d’autres symptômes peuvent survenir ; ils doivent être signalés immédiatement. Les cellules cryoconservées peuvent donner une odeur particulière temporaire à l’haleine ou aux urines.

Après le conditionnement et avant la reprise de la production sanguine, les taux de globules blancs, de plaquettes et parfois de globules rouges diminuent fortement. Cette période est appelée aplasie. Elle expose principalement aux infections, aux saignements et à l’anémie. La durée varie beaucoup selon le type de greffe et le protocole.
L’hospitalisation en secteur protégé ou avec des mesures d’hygiène renforcées est fréquente. Le patient reçoit une surveillance clinique et biologique régulière. Des antibiotiques, antiviraux ou antifongiques préventifs peuvent être prescrits selon le protocole. Des transfusions, une nutrition adaptée, des traitements contre la douleur ou les nausées et des soins de bouche peuvent être nécessaires.
La prise de greffe correspond au moment où les cellules commencent à restaurer la production sanguine. La remontée des neutrophiles est un repère important, mais elle ne signifie pas que le système immunitaire est immédiatement pleinement opérationnel. La récupération se poursuit pendant plusieurs mois et parfois davantage.
En allogreffe, l’équipe surveille particulièrement la maladie du greffon contre l’hôte, ou GVH. Elle survient lorsque les cellules immunitaires du donneur réagissent contre certains tissus du receveur. Elle peut toucher notamment la peau, le tube digestif, le foie, les yeux ou la bouche. Une éruption cutanée, une diarrhée persistante, un jaunissement de la peau, une sécheresse inhabituelle ou tout nouveau symptôme doivent être signalés rapidement. Des médicaments immunosuppresseurs sont utilisés pour prévenir ou traiter cette complication.
Le retour à domicile est envisagé lorsque l’état général est stable, que les besoins en soins peuvent être assurés hors de l’hôpital et qu’un suivi est organisé. Les critères ne reposent pas sur un seul chiffre : l’absence de complication aiguë, la capacité à boire et s’alimenter suffisamment, la gestion des médicaments et la proximité d’un recours médical sont également prises en compte.
Avant la sortie, le patient et ses proches reçoivent un plan personnalisé : ordonnances, rendez-vous, coordonnées du service, consignes concernant le cathéter si nécessaire et conduite à tenir en cas de symptôme. Des prises de sang et consultations rapprochées restent habituelles au début. Les traitements anti-infectieux, immunosuppresseurs ou autres ne doivent pas être modifiés sans avis médical.
La convalescence est souvent progressive, avec des variations d’énergie, d’appétit et d’humeur. Un soutien psychologique, social ou nutritionnel peut être utile pour le patient comme pour les proches. Le suivi régulier avec l’équipe de greffe reste la meilleure façon d’identifier précocement une complication et d’adapter les soins.
La durée dépend du type de greffe, du protocole de conditionnement, de la vitesse de récupération sanguine et d’éventuelles complications. L’équipe de greffe donne une estimation personnalisée avant l’admission et la réévalue pendant le séjour.
La perfusion elle-même n’est généralement pas douloureuse. Le patient peut toutefois ressentir des effets transitoires, tels que frissons, nausées ou inconfort. L’équipe surveille la séance et traite les symptômes si nécessaire.
Les règles de visite varient selon le centre et la période de récupération immunitaire. Elles visent à réduire le risque d’infection. Les visiteurs doivent généralement être en bonne santé et respecter strictement les mesures d’hygiène indiquées.
Il faut suivre les consignes du centre et signaler notamment une fièvre, des frissons, un essoufflement, des saignements, une diarrhée importante, des vomissements persistants, une douleur nouvelle, une éruption cutanée ou une difficulté à prendre les médicaments.
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